Mais qu'est-ce que je peux donc faire dans mon jardin ?

Ben surtout pas grand chose... Et ça se passera bien... ;)

Voici l'histoire d'un jardin, au départ bien (trop) propre : tondu (bien trop) régulièrement, même carrément rasé devrais-je plutôt dire. Mais pour quels coûts économiques ? Pour quels coûts écologiques ?

D'ailleurs, pourquoi s'acharne-t-on à systématiquement à tondre les espaces dont on n'a pas besoin, qu'on n'utilise pas, sur lesquels souvent on ne marche même pas... ?
Est-ce pour perdre du temps ? Polluer ? Eradiquer la vie autour de soi ?
De sérieuses questions se posent....

Au contraire, n'est-il pas possible de se contenter de faucher, uniquement lorsque c'est vraiment nécessaire, les espaces (réellement) usités ? Cela permettrait de faire exploser les espaces de refuges pour la vie sauvage.

potager_illustre_stpierreUne partie du potager diversifié et plein de vies... Mais on est parti de très très loin... (© Hugues Mouret)

Mais alors comment faire ? Aménagements, gestion, entretien ?

Il s’agit surtout de laisser faire les choses ou tout au plus (au mieux ?) de les accompagner humblement.
En termes de gestion, il suffit alors de faucher une fois par an les espaces ouverts, ou bien de carrément laisser certaines zones se re-boiser naturellement.

Ré-ensauvager, renaturer partout !

Ce qui est vrai pour un jardin, l'est encore plus pour tous les espaces où personne ne va jamais.
Comme c'est le cas pour une bonne part des espaces verts d'entreprise, des hôpitaux, des casernes, des campus... Bref ce sont ainsi des millions d'hectares qui sont "savamment gérés" pour des raisons (uniquement) ornementales ou pire, pour de fausses considérations hygiénistes. Et ce, comme toujours, aux dépens de la vie sauvage (biodiversité), mais aussi de la santé physique et morale.
C’est quand même vraiment dommage… :-/

On attend QUOI pour partager ? un peu ? Et faire preuve enfin de tolérance des autres ?
Ou même, étant donné l’urgence naturelle et climatique, ne devrait-on pas systématiquement imposer un minimum de surface à ré-ensauvager ?
=> Dans les jardins privés, au pied des habitats collectifs, dans les espaces verts d'entreprise...

Transformation d’un jardin 2010-2020 : un peu de place rendue à la nature pendant 10 ans

On partait donc d'un petit terrain pauvre, banal, très peu attrayant : un gazon rasé de près où vivotaient 3 arbustes exotiques, en somme un vrai désert biologique.
10 ans après, les choses ont bien changé... Désormais, on y trouve les différentes strates végétales, quantité de nourriture, nombre de refuges, zones d’hivernage, de reproduction et une foule d'organismes… ou encore dissimulés dans cette nature foisonnante, un potager, des arbres fruitiers...

En bref, c'est aujourd’hui un véritable havre de vie !

Alors, quel résultat ?

On a déjà pu observer près de 600 espèces :

  • plus de 300 espèces de plantes (sans les mousses ; il manque aussi qq graminées)
  • une quarantaine d’espèces d’oiseaux
  • une quinzaine d’espèces de mammifères
  • 5 espèces d’amphibiens
  • 5 espèces de reptiles

Et loin loin d’être exhaustif (donc juste un début) :

  • une vingtaine d’espèces d’araignées
  • plus de 200 espèces d’insectes (encore bien loin du compte), dont :
    o > 50 espèces de papillons (pas encore fait le compte de tous les nocturnes, mais il y en au moins une centaine)
    o > 40 espèces d’abeilles
    o > 30 espèces de coléoptères
    Reste les champignons et tant d'autres choses...

Voici son évolution au travers de 6 séries de photos prises à 10 ans d’intervalle :

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Le jardin vu du bas - On casse la monotonie (© Hugues Mouret)

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La façade sud de la maison - On se cache des grosses chaleurs (© Hugues Mouret)

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La façade nord - Comme quoi les arbres poussent pas mal en (seulement) 10 ans ! (© Hugues Mouret)

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L'arrière de la cour - là aussi, un peu d'ombre, ça ne fait pas de mal (© Hugues Mouret)

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Vue nord du jardin - on aime bien les voisins, alors on leur en donne un peu ;) (© Hugues Mouret)

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Le jardin vu du haut - la connexion au vallon, une continuité écologique (© Hugues Mouret)

Alors laissez-vous donc tenter, osez partager et redonner un peu de place à la nature... Elle vous le rendra au centuple !
H. Mouret