Que faire pour la biodiversité ?

L’effondrement de la vie est sans précédent. (Ré)agissons ! Il est capital d’agir tous, à notre échelle, la grande question reste comment ?

ARTHROPOLOGIA vous propose quelques conseils pour favoriser la biodiversité partout : chez vous, que ce soit dans un jardin, une résidence, sur un balcon ou une terrasse, et peu importe la taille ; que vous habitiez en plein centre-ville, dans un village ou en rase campagne.

Notez qu’il est également indispensable d’intervenir auprès des entreprises ou à l’échelle des collectivités. Il n’y a qu’ensemble, à l'échelle du paysage, que nous pouvons faire la différence !

Vous trouverez ci-après quelques conseils pour l’aménagement et la gestion : des gestes simples à réaliser partout, pour faciliter le retour de la biodiversité partout.

Surtout, ne rien faire !

Vous recherchez une bonne action qui demande peu d’efforts physiques ?
=> Ne rien faire (ou pas grand chose).
Enfin, plutôt laisser faire. Un jardin trop entretenu est peu favorable à la vie ; c’est (bien trop) souvent un milieu uniformisé, pauvre en micro-habitats et donc en faune et en flore sauvages.

Alors osez donc : laisser pousser la végétation spontanée, laisser le bois mort mourir en paix, disposer des amas de branches, de pierres, de feuilles et de sables, ce sont autant de supports de nidification et de refuges (pour l’hiver ou l’été), les petites bêtes vous en remercieront !

Prairie naturelle, Parc de l'Europe, Rillieux-la-Pape

Laisser faire, c’est évidemment ne plus traiter son jardin, abandonner tous les produits toxiques ; c’est également limiter ses interventions (désherbage, nettoyage, bêchage, tonte…) dans l'espace (réduire les surfaces gérées) et le temps (moins souvent). En somme, c'est faire confiance à la nature et la laisser un peu vivre.

Mais ne vous inquiétez pas, les alternatives sont nombreuses et sont à aller chercher du côté de la lutte biologique et de la protection naturelle. Les tâches sont alors bien plus intéressantes et tellement plus vivantes !

Jardin de biodiversité
Jardin de biodiversité

Nichoirs et gîtes

Les nichoirs et gites sont des artéfacts qui fonctionnent dans et parce que les milieux sont perturbés par les aménagements et les activités humaines. Cependant ils sont utiles en attendant de restituer un milieu favorable.

Certains nichoirs et gîtes sont des aménagements assez simples à réaliser : à l’aide de quelques outils et de matériaux facilement récupérables, vous pouvez construire de véritables habitats pour de diverses espèces d’animaux : insectes, oiseaux, chauve-souris, mustélidés, dont de nombreux auxiliaires de cultures.

Les nichoirs ou gîtes s’installent simplement dans un jardin ou un parc, mais d’autres conviennent également sur une terrasse ou un balcon.

Animaux attirés dans les nichoirs et gîtes :

  • des insectes prédateurs : perce-oreilles, chrysopes ou coccinelles, chasseurs de pucerons et autres petits parasites des plantes
  • des insectes pollinisateurs : abeilles solitaires, sphégiens…

Nid d'abeilles sauvages
Nid d'abeilles sauvages

Dès la mise en place de ces aménagements, vous pourrez observer les insectes s’en emparer rapidement, ce qui en fait un spectacle impressionnant à suivre au quotidien.

Tous ces menus aménagements servent à pallier le manque d’éléments naturels (bois morts, arbres creux…) et sont donc utiles et utilisés par la faune locale, le temps que la mosaïque de milieux se reconstitue.

Et enfin, n’oubliez pas les nombreux nichoirs à vertébrés faciles à construire et installer. Vous trouverez de nombreux exemples dans les livres ou sur internet :

  • des oiseaux (mésanges, rougequeues, moineaux, faucons…)
  • des chauve-souris
  • des mustélidés (fouine, putois, hermine, belette)

Voir les conseis de la LPO

Spirale à aromatiques et insectes

Dans un jardin, une résidence, en pied d’immeuble ou dans un parc urbain, pour compléter l’installation de ces petits gîtes, pourquoi ne pas se lancer dans la création d’une spirale à insecte ?!

Ce muret de pierre monté en spirale a été conçu pour cultiver des plantes aromatiques. Il offre alors le gîte et le couvert à de nombreux animaux. La réalisation de ce genre d’aménagement nécessite plus de matériaux et de temps, mais vous serez ravis de voir revenir dans votre jardin des insectes et autres animaux perdus de vue depuis longtemps.

Spirale à aromatiques, Ecocentre du Lyonnais
Spirale à aromatiques, Ecocentre du Lyonnais (©F. Mariotti)

Végétalisation, choix des plantes

Vos plantations peuvent être utiles et même fort bénéfiques notamment aux insectes, aux oiseaux et à la faune sauvage globalement. Pour cela, faites le choix de plantes indigènes locales et sauvages, en variant les espèces pour une plus grande diversité d’abris, de nourriture et de sites de nidification.

Les plantes exotiques et autres horticoles (cultivars) sont à planter avec modération (ou même à proscrire) puisqu’elles sont peu ou pas adaptées à la faune locale. Les plantes à fleurs attirent (grâce au nectar et pollen) une foule d’insectes dont la guilde des pollinisateurs : abeilles, guêpes, papillons, mouches, scarabées…

Rappel : optez impérativement pour des semences et des essences de votre région : récoltez des graines et plants sauvages ou fournissez-vous en espèces locales.
Pour vous aider dans le choix de ces nombreuses plantes, découvrez Végétal Local*, une marque de l’Office Français de la Biodiversité.

Haies champêtres

Installer une haie champêtre, composée d’arbres et d’arbustes d’essences locales, est un incontournable pour un jardin vivant. Elles ont aussi l’avantage de retenir l’eau, limiter le vent et réduire l’érosion.

Si vous êtes intéressés par ce type d’installation, n’hésitez pas à regarder le guide de plantation et d’entretien des haies champêtres.

Haie champêtre
Haie champêtre

Les mares

Selon le rapport de l’IPBES* de mai 2019, près des ¾ des zones humides ont disparu à en France ; ce sont 85 % à l’échelle de la planète. Au-delà des rôles écologiques majeurs, les zones humides comptent parmi les biotopes les plus riches sous les latitudes tempérées.

Ainsi la décision d’installer une mare ou un étang dans un jardin, une résidence ou un parc profitera à une grande diversité de formes de vie.

Les zones humides comptent parmi les biotopes les plus riches en milieux tempérés :

  • 30 % de la flore menacée française dépend des zones humides.
  • Faune : des espèces en dépendent directement, pour se nourrir, s’abreuver ou se reproduire : amphibiens (tritons, grenouilles, crapauds…), insectes (libellules, dytiques, notonectes…)… ; ou indirectement comme certains animaux qui viennent prélever les matériaux dont ils ont besoin pour leur nid (hirondelles, abeilles et guêpes maçonnes…).

Mare créée dans un Centre social
Mare créée dans un Centre social

Bien sûr, des animaux plus gros trouveront aussi aux abords de la nouvelle mare installée un lieu de vie, une source d’eau et de nourriture au sein même de votre jardin.

Vous pourrez rapidement voir des amphibiens (tritons, crapauds, grenouilles) s’installer ou encore des oiseaux et des mammifères venir s’abreuver.

Ces animaux sont tellement à l’affût de nouveaux habitats qu’ils viendront d’eux-mêmes coloniser votre mare, il est donc inutile, et même interdit par la législation française de capturer et déplacer les amphibiens (tous protégés).

Pour la végétation constituant votre mare, c’est comme pour le reste, il suffit de laisser-faire, les animaux et le vent transporteront les graines.

Si vous êtes impatient de voir se végétaliser votre mare, vous pouvez aller prélever quelques plantes sur des mares existantes dans les alentours. La meilleure période pour prélever les plantes se situe entre octobre et février, en dehors des périodes de reproduction des animaux.

Attention : il est impératif de ne pas disséminer des plantes exotiques invasives…

Pour vous guider dans la création d’une mare dans votre jardin, fiez-vous à ce document Guide : Créer une mare naturelle, produit par les collègues wallons.

Contacter l’association