Canicule : quels impacts sur le vivant ?

L’été 2026 est marqué par des canicules qui impactent une grande partie de la population. Mais l’être humain n’est malheureusement pas le seul à souffrir des fortes chaleurs.

Des températures extrêmes qui affectent toute la biodiversité

Les images d'oisillons quittant leur nid prématurément, d'animaux déshydratés ou de végétation desséchée rappellent que ces événements touchent l'ensemble du vivant. Mais, moins visibles, et pourtant essentiels au fonctionnement des écosystèmes, les insectes en subissent également les conséquences. Déjà fragilisés par la perte de leurs habitats, l’usage des pesticides et certains agents pathogènes, ils subissent une pression supplémentaire qui menace leur survie et le fonctionnement des écosystèmes dont nous dépendons tous.

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La chaleur agit directement sur les insectes

Lorsque la température dépasse un certain seuil critique (niveau variable selon les espèces), elle peut altérer les lipides présents à la surface de la cuticule, ce tissu rigide qui forme le squelette externe de l'insecte. Cette fine couche lipidique constitue une barrière essentielle contre la déshydratation en limitant l'évaporation de l'eau à travers l'exosquelette. Lorsqu'elle est dégradée par une chaleur excessive, les pertes en eau augmentent fortement. L'insecte se déshydrate alors rapidement et peut mourir en quelques heures.

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Elle perturbe leur comportement

Les vagues de chaleur peuvent perturber le comportement des bourdons. Des études scientifiques montrent qu’une exposition à des fortes températures altère leur capacité à reconnaître les odeurs émises par les fleurs. Or ces signaux olfactifs leur permettent d’identifier les ressources florales. Désorientés, les bourdons mettent davantage de temps à trouver leur nourriture, ce qui peut à terme participer au déclin des colonies et populations.

Elle affecte leur reproduction

La canicule peut également avoir des conséquences sur les générations futures d’insectes. C’est ce qu’évoque une étude menée sur les osmies, des abeilles solitaires. Les larves qui se développent durant de fortes chaleurs deviennent par la suite des adultes moins fertiles. Chez les mâles, l’activité des spermatozoïdes peut être réduite de moitié. Chez les femelles, les ovules sont en moyenne 15% moins nombreux et plus petits.

Les abeilles solitaires sont davantage touchées par les changements climatiques. Pendant que les abeilles “sociales” peuvent climatiser la ruche grâce à des mouvements d’ailes et un apport en eau, les abeilles solitaires et leurs larves sont dépendantes du climat environnant.

Elle réduit leurs ressources alimentaires

Les épisodes de chaleur affectent également les ressources alimentaires dont dépendent les pollinisateurs. Les plantes qui fleurissent pendant une vague de chaleur produisent en moyenne 70% de nectar en moins que celles qui se développent autour de 25°C. Par ailleurs, le pollen voit sa qualité nutritionnelle diminuer. Cela demande donc davantage d’effort pour trouver une nourriture qui sera moins abondante et moins nutritive.

En savoir plus (article en anglais)

Que faire à notre échelle pour les aider ?

Mettre de l'eau à disposition : Installez une coupelle ou une bassine peu profonde dans un endroit ombragé pour la petite faune, et disposez quelques cailloux pour éviter les risques de noyade. Il est très important de renouveler l'eau tous les jours pour qu'elle reste propre et fraîche. Cela limite la propagation des maladies et empêche le développement des larves de moustiques.
Les insectes "sociaux" tels que les abeilles, guêpes ou fourmis pourront venir y puiser de l'eau afin de rafraîchir les colonies. Les insectes ne "boivent" pas, à proprement parler : ils s'hydratent par leur alimentation et par les pores situés sur leur corps.

Préserver des îlots de fraîcheur : Une pelouse rase chauffe beaucoup plus qu'une prairie fleurie. En laissant pousser une partie de votre jardin, en conservant des herbes hautes, des feuilles ou du bois mort, vous créez des refuges au frais. Si vous avez un peu de place à l'extérieur, vous pouvez également à plus long terme planter des haies, arbres, arbustes et installer une mare.

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Voici quelques ressources pour vous aider dans cette démarche :

Agir collectivement : Car c'est à l'échelle du paysage que les effets bénéfiques se font ressentir. Sensibiliser son entourage, végétaliser les espaces de vie communs, soutenir les associations environnementales ou les centres de soins pour la faune sauvage, participer à des chantiers collectifs sont également des façons d'agir face au dérèglement climatique.

Nous vous invitons également à signer la pétition lancée par Bloom pour initier une Loi d'urgence climatique. Cette pétition fait suite à une tribune signée par Arthropologia et de nombreuses autres organisations pour une réduction drastique des énergies fossiles et la reconnaissance du crime de “globocide” consistant à mettre en péril la biosphère tout entière, telle qu’on la connaît.
Signez ici la pétition pour une Loi d'urgence climatique

Crédits photos : ©Hugues Mouret, ©Remi Chabert et ©Lucile Rougier